APPARITION DE L'ILE BOUCHARD 1947 (7)

APPARITIONS  DE  L'ILE  BOUCHARD  -  1947  (7)  

 

LE JOUR OÙ LA GRÈVE RECULA 

 

Ce même 9 décembre, à la stupéfaction générale, le Comité national de grève de Paris donnait lلordre de 

 

reprendre le travail : 

 

« Il faut regrouper et rassembler nos forces pour les combats futurs qui seront rudes. Nous prenons la 

responsabilité de donner lلordre de repli général. » 

 

Le revirement fut aussi brusque quلimprévu. La veille encore, on exhortait les grévistes à « tenir et vaincre », 

puis brusquement, sans les consulter, lلordre était donné de cesser la grève. 

 

« Cet aveu de défaite étonna le gouvernement. 

 

Lorsque, la veille au soir, Jules Moch en avait été informé par Vidal, directeur des Renseignements généraux, 

il nلavait pas pu y croire. Lorsque, dans le Nord, les responsables communistes lلapprirent, ils refusèrent eux 

aussi de lلadmettre. 

 

Annoncée à la radio, la nouvelle fut publiée dans le journal communiste local Liberté. Les syndicats 

prétendirent alors quلil sلagissait dلune fausse édition de Liberté imprimée par les soins de la préfecture et 

de la Direction des Houillères. Il leur faudra deux jours pour se rendre à lلévidence. » (G. Elgey, La 

République des illusions, 1993, p. 465) 

 

Il est curieux de voir comment chacun des protagonistes met en avant sa propre interprétation : pour les 

démocrates chrétiens, cلest la calme assurance de Robert Schuman, pour les socialistes, cلest la 

détermination de Jules Moch, qui ont fait reculer les grèves. 

 

Les communistes, qui ne fournirent aucune explication sur le moment, expliquèrent ensuite que de nouvelles 

consignes arrivées de Moscou avaient désavoué des grèves qui avaient éclaté plus tôt que prévu et qui avaient 

"dérapé" de leur objectif initial : 

la lutte contre lلhégémonie américaine et  le plan Marshall. 

 

« Il nلy eut pas de ces "queues de grèves" si difficiles à résorber, comme si tous les participants avaient été 

convaincus (consciemment ou inconsciemment) du dérapage qui sلétait produit, quلil nلy avait plus quلà 

tirer un trait sur une aventure malheureuse, et tâcher de lلoublier. Ce que fit lلhistoriographie communiste. » 

(Jean-Jacques Becker, op. cit., p. 235) 

 

Pour nous, nous nلhésitons pas à voir dans la conjonction des événements surnaturels de LلÎle-Bouchard 

avec la fin de la grève générale la marque dلune intervention déterminante de la Sainte Vierge, ce qui 

nلexclut pas quلelle se soit servie de causes secondes. 

 

UN SECRET POUR LA FRANCE 

 

Le mercredi 10 décembre, la nouvelle sلest répandue dans les environs. Il y a près de cent cinquante 

personnes dans lلéglise. Sur le coup de 13 heures, les fillettes se lèvent toutes les quatre ensemble : 

 

« La voilà ! » 

 

Notre-Dame leur demande de chanter le "JE VOUS SALUE MARIE". Ce quلelles font sur un air propre à la 

paroisse. Puis elles récitent une dizaine, de chapelet, suivie de lلinvocation 

 

"O MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ   " 

 

Alors la Dame leur fait signe avec lلindex droit de sلapprocher et, se penchant, leur dit : 

 

« Baisez ma main ! » 

 

Les enfants, sلétant avancées vers le coin gauche de lلautel, embrassent la main tendue. Jacqueline  soulève 

sans effort, comme la veille, Laura et Jeannette trop petites. Puis Nicole demande : 

 

« En quoi faut-il faire la grotte que vous nous avez demandée hier ? 

 

- En papier pour commencer. » 

 

Sur les instances de sa mère, Jacqueline demande : « Madame, voulez-vous faire un miracle pour que tout le 

monde croie ? 

 

- Je ne suis pas venue ici pour faire des miracles, mais 

 

POUR VOUS DIRE DE PRIER POUR LA FRANCE 

 

qui, ces jours-ci, est en grand danger. Mais demain vous y verrez clair et ne porterez plus de lunettes. » 

Lلenfant, atteinte dلune myopie légère compliquée de strabisme et dلastigmatisme, souffrait de conjonctivite 

depuis deux ans. 

 

La Dame, prenant un air grave, continue :  

 

« Je vais vous confier un secret que vous ne direz à personne. 

- Nous vous le promettons ! » répondent les enfants en choeur. 

 

La confidence est brève. Cلest la même pour tous. Nous nلen saurons rien de plus. Ce secret, les voyantes 

lلont gardé strictement. Cependant, après  les événements de mai 1968 en France, elles se concertèrent et 

furent dلaccord, au vu de la nouvelle situation critique où se trouvait plongé le pays, de le communiquer à 

lلarchevêque de Tours. Ce qui fut fait le 1er juin 1968. 

 

Le Père Vernet écrit : « Selon lلorientation et le but de ces apparitions, il ne peut que concerner, en quelque 

manière, lلavenir de lلÉglise et de la France, ainsi que celui de ces fillettes qui eurent le privilège, en ces 

apparitions, des confidences de leur Maman du Ciel. Mais, comme je lلai entendu dire de lلune dلentre elles 

 

:

 

"De telles grâces se payent fort cher", entendez "en souffrances et en croix". » (op. Cit., p. 44) 

 

La Dame leur dit ensuite : 

 

« Revenez demain à 1 heure. » 

Les voyantes le promettent. Alors la Dame disparaît dans un nuage de poussière dلor. Le voile dلargent se 

replie en forme de boule, laquelle sلenfonce dans le mur. Les enfants se signent et se lèvent. Lلapparition a 

duré environ  un quart dلheure. 

 

« IL Y AURA DU BONHEUR DANS LES FAMILLES. » 

 

En se réveillant, le jeudi 11 décembre, Jacqueline sلaperçoit que ses yeux ne sont pas collés comme à 

lلordinaire, et quلelle voit parfaitement bien sans lunettes. « Comme tous les matins, raconte-t-elle, Maman 

monte de lلeau bouillie pour me décoller les yeux, mais ce matin, je nلai plus les yeux collés, plus de croûtes, 

plus dلhumeur    et je vois au loin, je nلai plus besoin de lunettes. 

 

Maman appelle Papa et, devant un tel miracle, ils pleurent et disent merci. On me donne un journal à lire. 

Papa court chercher monsieur le Curé. En voyant mes yeux guéris, il sلagenouille et pleure. Les voisins sont 

ahuris et émus, car depuis ma plus jeune enfance, je leur faisais pitié. » (Témoignage de novembre 1979) 

 

À 1 heure de lلaprès-midi, il y a environ deux cents personnes dans lلéglise Saint-Gilles. Les quatre fillettes 

arrivent et, ne trouvant aucune place libre sur les prie-Dieu, elles viennent sلagenouiller devant la Sainte 

Table, face à lلautel de la Sainte Vierge. Elles ne paraissent nullement impressionnées. Monsieur le Curé, 

agenouillé sur une marche du grand autel, côté Évangile, assiste pour la première fois aux apparitions, ainsi 

que les trois religieuses de Sainte-Anne. 

 

Dès que les fillettes sont agenouillées, lلapparition se manifeste de nouveau, suivant le mode habituel. La 

Dame qui, de jour en jour, apparaît de plus en plus belle, sourit et prend aussitôt la parole : 

 

« Chantez le "JE VOUS SALUE MARIE". » 

Les quatre enfants chantent le "JE VOUS SALUE MARIE". Puis, sur un signe de la Dame, elles prennent leur 

chapelet et récitent dix AVE suivis de lلinvocation. Sur un signe de monsieur le Curé, Jacqueline prend le 

papier que lui a remis s”ur Saint-Léon et lit les questions qui y sont écrites. 

 

« Dلoù nous vient cet honneur que vous veniez dans lلéglise Saint-Gilles ? 

ف Cلest parce quلil y a ici des personnes  pieuses et que Jeanne Delanoue y est passée. » 

 

Jeanne Delanoue, fondatrice des S”urs de  Sainte-Anne de la Providence (1666-1736), appelée "la Mère des 

pauvres", venait dلêtre reconnue bienheureuse un mois auparavant (le 9 novembre 1947). Il suffit donc, pour 

attirer les bénédictions du Ciel, de la piété de quelques personnes et du passage dلun saint ? Lلenfant aurait 

pu sلarrêter là et ne pas poser la question  suivante puisquلelle a déjà une réponse qui la résout, mais, par 

souci dلobéissance, elle continue : 

 

« Est-ce en souvenir de Jeanne Delanoue qui vous aimait tant, qui aimait tant vous prier à Notre-Dame des 

Ardilliers    

 

Oui, je le sais très bien ! 

ف     et qui est venue elle-même établir ses filles ici ? » 

 

La Dame, qui a déjà répondu à cette question, se contente de demander : 

 

« Combien y a-t-il de soeurs ici ? 

 

- Elles sont trois. 

- Quel est le nom de leur fondatrice ? 

 

Les quatre voix nلen font quلune qui sلélève, forte et si bien timbrée quلelle emplit lلéglise : 

ف Jeanne Delanoue ! » 

 

On dirait une leçon de catéchisme, avec questions-réponses ! Les enfants contemplent quelques instants la 

Dame qui les regarde, puis Jacqueline prend de nouveau la parole : 

 

« Madame, voulez-vous guérir les personnes qui souffrent de rhumatismes, de maladies nerveuses, qui 

souffrent physiquement et moralement ? » 

 

« Il y aura du bonheur dans les familles, répond la Dame, qui ajoute : Chantez maintenant le "JE VOUS 

 

SALUE MARIE". » 

 

Les enfants sلexécutent aussitôt. Le chant terminé, le dialogue continue entre la Dame et les voyantes : 

 

« Est-ce que monsieur le Curé va construire la grotte ? 

 

- Oui, Madame. 

- Priez-vous pour les pécheurs ? Il faut prier beaucoup pour les pécheurs. 

- Oui, Madame, nous vous le promettons. 

- Revenez demain à 1 heure. 

- Oui, Madame, nous reviendrons demain. 

- Ô MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ    

- PRIEZ POUR NOUS QUI AVONS RECOURS À VOUS ! » 

 

La Dame bénit alors lentement la foule qui se trouve dans lلéglise. Les enfants font le signe de la Croix. La 

Dame et lلAnge disparaissent comme de coutume. Lلapparition a duré un quart dلheure. 

 

Ce soir-là, Jacqueline voit arriver chez ses parents deux gendarmes de lلÎle-Bouchard. Lلun dلeux, pour 

lلeffrayer, lui défend de retourner à lلéglise. Lلenfant répond sans sلémouvoir : « Monsieur, si vous voyiez 

ce que jلy vois, vous y retourneriez. » 

Et madame Aubry dلajouter : « Elle a commencé dلy aller, elle y retournera jusquلau bout. » 

 

« PRIEZ BEAUCOUP POUR LES PÉCHEURS. » 

 

Le vendredi 12 décembre, dès midi, la foule envahit lلéglise. Chacun veut être au premier rang : chaises, 

bancs, tout est plein. On compte alors de trois cents à quatre cents personnes. 

 

À 13 heures, les quatre fillettes viennent sلagenouiller, coude à coude, devant lلautel de la Sainte Vierge et, 

aussitôt, leur maintien prouve à lلassistance que lلapparition se manifeste de nouveau à elles. La Dame est 

plus radieuse que jamais. Sa tête est auréolée de rayons lumineux vivement colorés, bleus, rouges, jaunes, 

verts, rosés, orange. Comme à Fatima. 

 

Les enfants nommeront cette auréole "arc-en-ciel ". Le mot MAGNIFICAT apparaît en entier en lettres dلor 

sur sa poitrine, car elle a baissé les mains. 

Se reproduit alors le même rituel de dévotion liturgique dirigé par la belle Dame : le " JE VOUS SALUE 

MARIE", les invocations, le baisemain, important ! 

 

« Priez-vous pour les pécheurs ? demande la voix. 

- Oui, Madame, nous prions. 

- Bien. Surtout, priez beaucoup pour les pécheurs. » 

 

Alors les enfants prennent leur chapelet et récitent, avec la Dame et lلAnge, dix AVE MARIA suivis de 

lلinvocation "Ô MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ   " 

 

Lorsque la prière est achevée, Jacqueline,  désignant une jeune fille paralytique du village proche de 

Saint-Épain quلon a apportée sur une civière, demande : « Madame, voulez-vous guérir cette jeune fille ? 

 

- Si je ne la guéris pas ici, je la guérirai ailleurs, répond la Dame. 

- Ô Madame, reprend Jacqueline, voulez-vous guérir une personne très pieuse ? 

 

Comme la Dame ne répond pas, elle continue naïvement : 

 

- Elle demeure à Angers. 

 

- Je ne suis pas venue, dit enfin la Dame redevenue toute triste, pour faire des miracles mais pour que vous 

priiez pour la France qui est en grand danger, ces jours-ci. » 

 

Alors la Dame trace un lent signe de Croix sur la foule et les enfants se signent. Puis lلapparition disparaît. 

Les enfants, après sلêtre de nouveau signées, se lèvent et sortent de lلéglise. Quelle simplicité ! 

 

Ce 12 décembre marquait la fin définitive de la grève et la reprise du travail sur lلensemble du 

territoire. Dلoù lلapparition du mot complet "Magnificat". 

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