ADAM ET EVE

LE PECHE DE NOS PREMIERS PARENTS : EVE ET ADAM
j

LE PÉCHE ORIGlNEL DANS ADAM              

Voici une remarque préliminaire de grande importance. On peut envisager la nature humaine, ou mieux, notre premier père Adam, sous deux aspects très distincts. Pris comme homme dans un sens absolu et philosophique, Adam ne renferme évidemment que les perfections qui constituent sa nature humaine et celles qui en découlent par voie de conséquence ou d'exigence. C'est l'homme à l'état de pure nature. Mais, dans l'ordre historique et théologique, tel que la révélation nous le présente et que la foi le considère, comme cause et sujet de la déchéance originelle, Adam n'est pas un homme à l'état de pure nature; c'est l'homme tel qu'il est sorti réellement des mains du Créateur, l'homme surélevé, ayant au-delà de ses propriétés natives des perfections d'un ordre supérieur, surnaturelles ou préternaturelles. Ces perfections d'un ordre supérieur se distinguent assurément des perfections dites naturelles au sens rigoureux et philosophique du mot; on peut cependant, dans l'hypothèse de l'élévation primitive, les appeler naturelles dans un sens restreint et relatif, c'est à-dire historiquement et théologiquement parlant, en tant qu'elles étaient attachées là où elle se trouvait établie. supérieur la nature humaine dans son origine ou sa condition primitive et qu'elles constituaient pour elle un véritable perfectionnement, le perfectionnement même qui lui convenait dans l'ordre

Ceci posé, tout le problème se concentre sur un point : les expressions de liberté affaiblie, de nature corrompue et autres semblables qui se trouvent dans les conciles ou les docteurs de l'Eglise, saint Augustin surtout, doivent-elles s'entendre de la nature et de la liberté humaines prises en elles-mêmes sous leur aspect absolu et philosophique, ou ne doivent-elles pas plutôt s'entendre de cette même nature et de cette même liberté considérées théologiquement par rapport à relatif. dans le second, elle ne le sera qu'en un sens absolu; l'état historique où elles se trouvaient avant la chute ·originelle? On voit la conséquence, dans le premier cas la corruption de la nature sera vraie en un sens  absolu; relatif. dans le second, elle ne le sera qu'en un sens

En réalité, le doute n'est pas possible. C'est de l'Adam primitif, de l'homme surélevé. que parlent les conciles après saint Augustin. De cet Adam historique on peut, et on doit dire, que par suite de sa désobéissance au Paradis terrestre il a subi une véritable détérioration dans tout son être, c'est-à-dire dans son corps et dans son âme; dans son corps, par la perte du don d'immortalité et d'impassibilité ; dans son âme, par la perte de la grâce sanctifiante et des dons connexes ; dans les deux pris dans leur rapport mutuel, par la perte du don d'intégrité qui assurait la parfaite harmonie entre l'âme et le corps, entre les sens, la raison et la volonté. Et parce que le chef du genre humain avait reçu ces dons comme apanage de la nature élevée à ce n'est pas seulement Adam lui-même, c'est aussi la nature humaine qui, en sa personne, subit une véritable détérioration dans ses deux principes constitutifs. l'ordre surnaturel, ce n'est pas seulement Adam lui-même, c'est aussi la nature humaine qui, en sa personne, subit une véritable détérioration dans ses deux principes constitutifs.

La chute avec ce qu'elle était avant et ce qu'elle devrait être suivant la loi primordiale de sa création et de son élévation; en d'autres termes, si l'on tient compte de la distinction essentielle entre l'ordre historique ou théologique et l'ordre purement philosophique. Là se trouve aussi la clef qui seule explique la doctrine de saint Augustin et le sépare en même temps de Jansénius, lui et les conciles ou les Papes qui ont employé le même langage. Quelques exemples suffiront. après corruption » pour indiquer cette détérioration profonde que subit la nature humaine, si l'on compare ce qu'elle est « Ce n'est pas trop du terme de

Est-ce de l'homme philosophique, ou de l'homme historique et de sa liberté primitive  que parle le grand docteur africain, quand il traite du libre arbitre perdu par le péché d'Adam ? Qu'on en juge par cette explication qu'il donne lui-même : « Qui de nous pourrait dire que le péché du premier homme a fait disparaître le libre arbitre du genre humain f Le péché nous a fait perdre la liberté, sans doute, mais quelle liberté ? Celle qui existait au Paradis terrestre et qui consistait à posséder avec l'immortalité une justice pleine et entière » Or, suivant la doctrine du même docteur cette justice pleine et entière dont l'homme jouissait au Paradis, avait pour principe la grâce sanctifiante et le don d'intégrité; elle entraînait comme effets, avec l'exemption des mouvements désordonnés de la concupiscence, les forces surnaturelles ou préternaturelles nécessaires pour des actes salutaires, et observer sans secours spécial toute la loi morale. C'est absolument dans le même sens que s'expliquent ces paroles du pape saint Célestin dans sa lettre aux évêques de Gaule : « Dans la prévarication d'Adam tous les hommes ont perdu « naturatem possibilitatem et innocentiam « c'est-à-dire l'innocence et la puissance originelle, attachée à la nature humaine dans cet état d'innocence. Le chapitre Vl de cette même lettre ne laisse aucun doute à ce sujet.

Est-ce de l'homme philosophique ou de l'homme historique que le second concile d'Orange parle, quand il dit qu'Adam a été détérioré dans tout son être et que son libre arbitre n'est pas resté intact' ! Mais le canon 15e indique clairement qu'il s'agit de l'Adam primitif: « Ab eo quod formavit Deus, mutatus est Adam, sed in pejus per iniquitatem. suam.  Adam n'est plus tel que Dieu l'avait formé, il s'est empiré par sa propre faute ». Et pour ce qui concerne la liberté lésée, le concile s'explique ainsi lui-même, dans son épilogue : « Nous devons prêcher et croire que le libre arbitre a été incliné et atténué par le péché du premier homme, de telle sorte que personne ensuite, sans la grâce et la miséricorde prévenante de Dieu, puisse aimer Dieu comme il faudrait, sicut oportuit, ou croire en Dieu. ou faire le bien pour Dieu. » Il s'agit donc directement de l'aptitude à produire des actes surnaturels, aptitude que le libre arbitre possédait d'abord et qu'il a perdue avec la grâce.

Mais, demandera-t-on, pourquoi saint Augustin et les conciles de son temps se sont-ils constamment servis  d'expressions qui n'ont de valeur rigoureuse qu'au sens historique ou théologique ? La réponse unique, mais péremptoire, se tire des circonstances où ils ont écrit et parlé. Tout s'explique par la controverse pélagienne et l'orientation qu'elle a donnée à la défense catholique. Que disait Pélage? Adam a été créé dans l'état même où nous naissons maintenant  laissé à sa condition naturelle, sans prérogatives spéciales, donc soumis à la concupiscence, passible et mortel comme nous. Son péché lui a été purement personnel et n'a eu du reste pour effet que la mort de l'âme; il ne s'en est suivi aucun état de déchéance, de détérioration, ni pour Adam ni pour ses descendants. Dans les enfants qui naissent la nature humaine est tout aussi pure, tout aussi saine, tout aussi capable de faire le bien qu'elle l'était dans Adam sortant des mains du Créateur. A l'encontre de cette doctrine qui ne niait pas seulement la tache originelle, mais rejetait même l'élévation primitive d'Adam à un état de justice surnaturelle et par conséquent la possibilité d'un état de déchéance pour sa race comme pour lui, saint Augustin et les conciles à sa suite proclament un état de détérioration, de corruption, en vertu duquel Adam, ayant perdu les dons primitifs, surnaturels et préternaturels, se trouve, par le fait même, réduit à un état d'infériorité qui affecte tout son être, âme et corps.

Le concile de Trente, renouvelant les définitions des conciles de Milève et d'Orange, n'a pas changé l'état de la question. La détérioration d'Adam dont il parle, vient à mais en vertu de la concupiscence qu'empêchait le don d'intégrité, pas autrement. Dominique Soto et André Vega, qui assistèrent au concile de Trente comme théologiens, donnent eux-mêmes ces explications..penché, c'est clair; il est é, cela s'entend par rapport aux forces surnaturelles el préternaturelles qu'il possédait avant la chute; il demeure diminupenché, et diminué par comparaison avec l'état supérieur dont l'homme jouissait au Paradis terrestre. De même, quand le concile parle du libre arbitre relative, . Effets dont aucun n'emporte autre chose qu'une détérioration l'assujettissement au démonsa seule nature. C'est la perte de l'immortalité et de l'impassibilité, puis à l'homme laissé à la fin du premier canon comme .résultat total des effets attachés à la prévarication d'Adam. Ces effets sont connus. C'est la perte de la sainteté et de la justice initiale, ce qui entraine la concupiscence et la faiblesse inhérente

Dès lors, on comprend la vraie manière de concevoir la « corruption de la nature.» .Si les effets du péché originel consistent dans la perte des dons surnaturels et préternaturels que comprenait l'état d'innocence, les perfections purement naturelles de l'homme sont restées intactes; la corruption de la nature ne peut donc s'entendre que dans un sens relatif et historique, par comparaison d'état à état. En d'autres termes, il a sous ce rapport, déchéance d'un état supérieur et réduction de l'homme à sa condition native. Cette idée est parfaitement exprimée dans une homélie sur la Croix, qui se trouve parmi les œuvres apocryphes de saint Jean Chrysostome ; rapportant les paroles de la Genèse (III, 9) où Dieu appelle Adam qui s'est caché après sa chute, l'auteur les commente ainsi : « Ubi es ? es-tu? C'est-à-dire : De quelle dignité à quelle bassesse es-tu tombé 't Pour avoir touché à »plus qu'un homme, remansisti homo. l'arbre de la science du bien et du mal, voilà que tu n'es

Au XIII° siècle, le docteur angélique [Saint Thomas d’Aquin] ne parlera pas autrement; après avoir observé que, les dons de l'état primitif étant gratuits, il n'y a nulle injustice à ce que la désobéissance d'Adam nous les ait fait perdre, il conclut: « Il en est résulté que  le premier homme péchant, la nature humaine qui était en lui a été laissée à elle-même, et s'est trouvée réduite à ses propres principes » De là cet axiome de l'Ecole : Naturalia hominis manserunt inteqra, ce qui est proprement naturel dans l'homme est demeuré intègre. De là encore cette conclusion logique : En soi, l'homme dans l'état de nature déchue n’est pas plus faible qu'il ne l'aurait été dans l'état de nature pure. Le cardinal Bellarmin est bien l'écho des grands maitres de la théologie, quand il dit : « L'état de l'homme déchu ne diffère pas plus de l'état de nature pure qu'un homme complètement dépouillé ne diffère d'un homme nu. Son igno­rance et ses infirmités n'eussent pas été moins profondes à l'état de nature pure. Notre corruption n'est donc pas l'effet de la privation d'un don naturel, ni d'une qualité morbide dont l'âme serait affectée; elle n'est que le résultat de la privation des dons surnaturels causée par la faute d'Adam. Telle est l'opinion générale des docteurs scolastiques anciens et modernes. Faire appel contre cette doctrine à l'axiome : spoliatus qratuitis, vulneratus in naturalibus, semivivus relictus , c'est se méprendre sur le sens qu'il a chez les théologiens scolastiques. Et pourtant, si on leur emprunte la formule, il est juste qu'on leur en demande aussi l'explication. Or, qu'entendent-ils par les blessures de la nature ? Non pas des coups qui atteignent directement cette nature dans ses perfections propres, mais seulement le contrecoup en elle de la perte des dons gratuits. Ces dons conféraient à la nature des forces qu'elle n'aurait pas eues par elle- même; le don d'intégrité, en particulier,  était comme un frein d'or qui empêchait le déchainement de la concupiscence et prévenait les effets d'ignorance et de faiblesse que celle-ci entraine. Il en résultait une parfaite subordination, une heureuse harmonie entre le corps et l'âme, entre les sens, la raison et la volonté. Les facultés naturelles elles-mêmes se trouvaient ainsi perfectionnées, mais par un principe d'ordre supérieur. Ce principe disparaissant, on peut dire qu'il y a blessure, mais portant sur une perfection qui n'était pas purement naturelle: « Adam dépouillé surnaturellement demeure blessé naturellement, non d'une blessure absolue qui corrompt la nature, mais d'une blessure relative à la santé pleine dont il jouissait avant sa chute, et dont il avait la vocation de jouir toujours. » surnaturelle, mais l'autre, la vie naturelle, resta dans son intégrité.  il veut dire que par son péché, l'homme perdit l'une des deux vies qu'il possédait auparavant, la vie  Quant au semivivus relictus,

Une dernière remarque. Quand on affirme que l'homme déchu n'est pas plus faible que ne l'aurait été l'homme innocent dans l'état de nature pure, la comparaison porte sur la nature considérée en elle-même, dans ses forces intrinsèques; si on la considérait à est en fait une suite du péché originel. tel qu'il existe actuellement, c'est que l'assujettissement de l'homme au démon, est extérieurement dans un état d'infériorité, surtout en ce qui concerne les attaques du démon et les dangers auxquels il est exposé. Question secondaire, qu'il serait difficile de trancher d'une façon péremptoire. Ce que nous savons sûrement, déchu l'extérieur, relativement aux conditions diverses où elle peut se trouver et aux conséquences qui peuvent en résulter pour l'usage de ses propres forces, l'assertion n'aurait plus la même valeur. Un certain nombre de théologiens estiment que l'homme

Concluons de tout ceci l'importance qu'il faut attacher dans l'apologétique à l'exacte explication de ce que l'on appelle la « corruption de la nature ». Quand les adversaires du péché originel réclament, au nom de la conscience humaine, contre une faute du premier homme qui aurait infecté la nature, ils supposent toujours une corruption de la nature prise au sens absolu et philosophique, une corruption qui l'affecte en elle-même, dans son fond ou ses propriétés natives. A ceux qui soutiennent réellement celte conception de donner à l'objection une réponse sérieuse. Mais ce n'est ni le dogme de l'Eglise ni la doctrine de ses théologiens attitrés; nous avons le droit de demander alors, comme un orateur déjà cité  « Où l'Eglise a-t-elle enseigné que l'homme en naissant apporte dans la vie une nature intrinsèquement et substantiellement corrompue ? » Et quand Strauss, rééditant une phrase de Bayle ajoute : « Que dirait la raison de la conduite d'un prince qui, pour punir un rebelle, augmenterait en lui ainsi qu'en ses descendants le penchant à la révolte »  nous répondons : Fausse hypothèse ! s'il y avait, dans l'homme déchu, penchant positif à la révolte, ce ne serait pas l'œuvre de Dieu, ce serait celle de l'homme pécheur. Mais, suivant la doctrine commune des meilleurs .théologiens, il n'y a même pas cela. L'homme prévaricateur est privé des dons supérieurs qui l'ennoblissaient et le perfectionnaient, il est laissé à d'une âme immortelle. Voilà tout. etla concupiscence cessant, celle-ci résulte tout naturellement des conditions physiques de notre nature composée d'un corps mortel empêchait ses seules forces; dès lors le frein qui

Concluons :

Adam et Eve ont été créés ex nihilo (à partir de RIEN) par Dieu le Créateur Ils vivaient dans l’intimité avec Dieu, possédant la grâce sanctifiante dans leur âme.

Adam et Eve avaient été créés immortels, ne devant connaître ni la souffrance ni la mort.

La souffrance et la mort sont la conséquence du PECHE ORIGINEL

Le démon, Lucifer ayant fait miroiter la beauté du fruit de l’arbre du bien et du mal, le seul arbre dont le fruit était interdit de manager, à Eve qui le prit, le goûta et Eve le donna à Adam qui le mangea aussi.

C’est un acte de désobéissance, certes, mais surtout un acte d’orgueil, car Adam et Eve, par le fait de manger ce fruit de l’arbre de la connaissance, se croyaient égaux à Dieu le Créateur !

Adam et Eve étant les premiers parents, étaient responsables pour eux-mêmes et pour leurs descendants de cet acte de désobéissance !

Chaque enfant né d’Adam et Eve et de leurs descendants est marqué par cette tache originelle. C’est ce que l’on appelle :

 

 

 

 

LE PECHE ORIGINEL

 

 

 

 

Deux personnes ont été exemptées du PECHE ORIGINEL

1°) La Vierge MARIE que l’on invoque ainsi :

Ô Marie, conçue sans le PECHE ORIGINEL, priez pour nous qui avons recours à vous !

2°) Jésus dont le nom signifie : Dieu sauve ! venu sur terre par son Incarnation dans le sein de la Vierge Marie par l’opération du Saint-Esprit, Jésus, vrai Dieu et vrai homme veut rétablir en nous la grâce sanctifiante perdue par nos premiers parents.

Jésus, par sa mort sur la croix et sa résurrection glorieuse, nous a mérité de participer à la vie divine lors de la réception du baptême catholique !

Par le baptême, nous devenons enfants adoptifs de Dieu, de la Très Sainte Trinité ! Un seul Dieu en trois Personnes égales et consubstantielles : Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, trois hypostases ou Personnes divines et pourtant un seul Dieu ! C’est ce que l’on appelle le

 

Le peche de nos premiers parentsLe peche de nos premiers parents (27.79 Ko)

MYSTERE DE LA TRES SAINTE TRINITE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ajouter un commentaire