TORAH-INJIL FALSIFIES ?

 

FALSIFICATION DES ECRITURES BIBLIQUES ET EVANGELIQUES  SELON LE CORAN ?

QUE REPONDRE ?

 

Jésus ou Mohamed https://jesusoumohamed.com/2017/08/15/la-bible-est-elle-authentique/

Une critique historique, raisonnée et catholique de l'islam

La Bible est-elle authentique ?

La Bible est-elle authentique ?

Les accusations de falsification des écritures saintes sont au cœur des reproches et polémiques de l’islam envers les chrétiens
Ces accusations ne reposent pas sur l’examen objectif des faits (comparaison des manuscrits anciens, études historiques, fourniture d’authentiques écritures saintes non falsifiées…) mais sur la mécanique idéologique de l’islam lui-même : pour être vrai, l’islam exige que la foi chrétienne soit fausse, et donc que ses écritures – ou du moins leur lecture chrétienne – le soient aussi.
De fait, ces accusations ne sont même pas soutenues par le texte coranique, qui défend au contraire l’authenticité de la Bible

La critique musulmane de l’authenticité de la Bible est en fait un terrain miné et très dangereux pour la foi islamique : s’y aventurer sérieusement, c’est risquer de voir exposées ses contradictions et la mystification de l’histoire à laquelle a procédé la tradition musulmane au fil des siècles pour créer sa propre religion, l’islam !

 

Bien souvent, lors d’échanges entre chrétiens et musulmans, revient cet argument chez ces derniers : la Bible serait falsifiée, son texte ne serait pas authentique, ce qui induirait les croyants, Juifs ou chrétiens, dans l’erreur. L’accusation est parfois plus grave : Juifs et chrétiens, en leur temps, auraient même sciemment trafiqué leurs écritures pour justifier et répandre leurs fausses croyances.

C’est un thème de polémique classique et ancien des érudits musulmans à l’encontre des Juifs et des chrétiens (at taḥrīf, la falsification). L’Encyclopédie de l’Islam lui réserve ainsi un article très détaillé, introduit ainsi :

Taḥrīf : transformation, modification, falsification ; terme employé à propos des mots et plus spécifiquement ce que les Juifs et les Chrétiens sont supposés avoir fait subir à leurs écritures sacrées respectives (yuḥarrifūna l-kalima ʿan mawāḍiʿhi, – S4,46 ; S5,13 ; voir aussi S2,75), à savoir la dénaturation de la langue en donnant aux mots un sens différent de celui qu’ils avaient à l’origine, en changeant leur forme ou en substituant des mots ou des lettres à d’autres. (…) Le Coran accepte la Tawrat et l’Injil [Torah et Evangile] en tant que véritables révélations divines issues de la même « Table »[1] que le Coran, et que d’authentiques prophètes ont apportées respectivement aux Juifs et aux chrétiens. Ceux-ci ne se sont cependant pas tenus à leurs Lois, mais ont falsifié leurs propres écritures (S3,78 ; S5,15 ; S5,45). Le Coran n’explicite pas clairement quand et comment cela a été fait, mais les commentaires ultérieurs en donnent diverses explications. [2]

D’où viennent donc ces accusations ? Comment les comprendre et comment y répondre ?

La raison profonde de ces accusations ? La nature même de l’islam

L’islam, par sa tradition et par l’interprétation qu’il propose du texte coranique, se positionne comme l’ultime révélation de Dieu, qui serait venue corriger les dévoiements des révélations précédentes. L’islam se pose en effet comme la seule et unique religion voulue par Dieu pour les hommes, depuis Adam, le premier de tous. Mais ceux-ci s’étant abandonnés à l’idolâtrie, Dieu aurait envoyé des prophètes et des messagers pour remettre l’humanité dans le droit chemin. Principalement, on peut citer l’Abraham-Ibrahim musulman, qui aurait donné les feuillets d’Ibrahim, le Moïse-Moussa musulman, qui aurait donné la Torah islamique, et le Jésus-Issa musulman, qui aurait donné l’Évangile islamique (au singulier) – et aussi beaucoup d’autres prophètes et envoyés de Dieu. A mesure que se corrompait chacune de ces révélations, que leurs croyants se dévoyaient, Dieu envoyait à chaque fois un nouveau prophète pour rétablir l’ordre et la vraie religion, jusqu’à l’ultime prophète, sceau de la révélation, Mahomet, pour donner le Coran et la vraie religion à l’humanité. L’islam se veut donc être une sorte de rappel et de perfectionnement de la religion primordiale, telle que révélée directement par Dieu. C’est cette théorie de la substitution des religions qui justifie l’existence de l’islam tout en expliquant aux musulmans pourquoi il existe aussi d’autres croyants monothéistes, les Juifs et les chrétiens, et quelle est leur juste place par rapport à eux.

De là, on comprend que l’islam n’aurait aucune légitimité si la Torah islamique et la religion islamique de Moïse-Moussa, et si l’Évangile islamique et la religion islamique de Jésus-Issa avaient pu être conservés dans toute leur intégrité : pour que l’islam soit vrai, pour que l’islam soit légitime, pour que l’islam ait un sens, pour que sa théorie de la substitution fonctionne, pour que Mahomet ait quelque chose de plausible à annoncer, il faut que le christianisme et le judaïsme soient faux. Donc, en raisonnant selon le schéma proposé par la tradition islamique, il faudrait aussi que leurs écritures saintes soient fausses, et que leurs croyants, Juifs et chrétiens, se soient dévoyés. Donc, pour un bon croyant musulman, le judaïsme, le christianisme et la Bible doivent être faux sous peine d’invalider l’islam. Ainsi, ils sont faux puisque l’islam est vrai. C’est la logique de l’islam qui l’exige !

Le principal argument islamique contre l’authenticité de la Bible, c’est donc l’islam lui-même. De là on comprend que, dans l’autre sens, défendre l’authenticité de la Bible, c’est désavouer celle de l’islam… et du Coran !

La lecture islamique du Coran accuse les Juifs et les chrétiens d’avoir falsifié leurs textes

Si la logique de l’islam, indépendamment de ses textes, exige en elle-même que le judaïsme et le christianisme soient faux, les musulmans peuvent aussi en trouver certaines justifications selon la lecture qu’ils font du Coran.

Dans l’ensemble, le Coran présente en effet les Juifs et chrétiens sous un jour particulièrement détestable, et tout spécialement les Juifs. C’est contre eux tous qu’est définie la « voie droite » de l’islam que le bon musulman doit emprunter, comme il le demande à Dieu quotidiennement dans la prière rituelle (salat), centrée sur la récitation de la 1ère sourate du Coran. Elle se conclut par ces versets .

S1,6-7 : « Guide-nous dans le droit chemin, le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère [les Juifs], ni des égarés [les chrétiens] ».

Selon le commentaire musulman convenu, les chrétiens se seraient « égarés » de la voie droite voulue par Dieu, ils auraient « exagéré » leur religion en élevant Jésus au rang de Dieu (en « l’associant à Dieu », ce qui fait d’eux des « associateurs » ou mushrikun). Quant aux Juifs, ils auraient encouru et encourraient toujours la « colère de Dieu », notamment pour leur rébellion envers les commandements divins, pour n’avoir pas respecté leurs propres textes. Mais nous allons voir que le Coran, selon le sens que lui prête la lecture traditionnelle de l’islam, accuse aussi les chrétiens et les Juifs de falsification de leurs textes (at tahrif, racine HRF) :

[les gloses entre crochets explicitent la lecture islamique qui est faite du texte]

S2,59 : « Mais, à ces paroles [les versets précédents semblent faire état de commandements de Dieu aux Juifs lors de l’Exode depuis l’Egypte jusqu’à la conquête de Canaan], les pervers [certains Juifs ainsi définis] en substituèrent d’autres, et pour les punir de leur fourberie Nous [Dieu] leur envoyâmes du ciel un châtiment avilissant. » (on retrouve la même prédication en S7,162).

S2,75-79 : « Eh bien, espérez-vous [les musulmans], que des pareils gens [les Juifs] croient avec vous, alors qu’en fait, un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la parole de Dieu, la falsifia[racine HRF] sciemment. Et quand ils rencontrent des croyants, ils disent : « Nous croyons » ; et, une fois seuls entre eux, ils disent : « Allez-vous leur [aux musulmans] confier ce que Dieu vous a révélé pour leur fournir, ainsi, un argument contre vous devant votre Seigneur ! Etes-vous donc dépourvus de raison? ». Eh quoi, ces gens ne savent-ils pas qu’en vérité Dieu sait ce qu’ils cachent et ce qu’ils divulguent ? Et il y a parmi eux des illettrés qui ne savent rien de l’Écriture hormis des prétentions et ils ne font que des conjectures. Malheur, donc, à ceux qui de leurs propres mains écrivent l‘Écriture puis qui disent « ceci vient de Dieu » pour en tirer un vil profit ! ».

S3,78 : « Et il y a parmi eux [Les « gens du Livre », les Juifs et les chrétiens] certains qui roulent leur langues en lisant le Livre [L’Écriture, c’est dire la Torah et l’Evangile, voire le Coran] pour vous faire croire que cela provient du Livre, alors qu’il n’est point du Livre ; et ils disent : « Ceci vient de Dieu », alors qu’il ne vient pas de Dieu. Ils disent sciemment des mensonges contre Dieu ».

S4,46 : « Il en est parmi les Juifs qui détournent [racine HRF] les mots de leur sens ».

S5,13 : « Ils [les fils d’Israël, cf. S5,12] détournent [racine HRF] les paroles de leur sens et oublient une partie de ce qui leur a été rappelé. Tu ne cesseras de découvrir leur trahison, sauf d’un petit nombre d’entre eux. ».

Ce sont les Juifs qui sont particulièrement visés par les accusations de falsification (la 4ème et ultime occurrence du verbe « falsifier » tiré de la racine HRF, en S5,41, concerne encore les Juifs). La seule accusation similaire à l’encontre des chrétiens se trouve en S3,78, si l’on considère que l’appellation de « Gens du Livre » engloberait les chrétiens avec les Juifs (et avec les musulmans), comme l’exige le sens donné par la tradition musulmane à cette expression.

Cette accusation envers les chrétiens ne tient cependant sur rien. Nous sommes ici face à une incohérence manifeste du Coran (du moins de sa lecture islamique) : l’accusation de falsification ou de détournement à l’égard des Juifs peut se comprendre historiquement. Dans son sens réel, le texte coranique accuse les Juifs rabbiniques de la sanctification à laquelle ils ont procédé de la « Torah orale », et de sa mise par écrit sous la forme des Talmuds. « Torah orale » qui se veut même supérieure dans son usage à la Torah de « Moïse » (« faire croire que cela provient de la Torah [LE livre par excellence], alors qu’il n’est point de la Torah », « Ceci vient de Dieu, alors qu’il ne vient pas de Dieu »). Les attaques du Coran à leur égard pourraient aussi se rapporter à leurs modifications ou mises à l’écart de certains écrits prophétiques désignant Jésus comme Messie d’Israël de manière trop explicite. Le commentaire musulman traditionnel n’insiste cependant pas vraiment sur la condamnation des Talmuds et du courant rabbinique du judaïsme (certains savants musulmans s’y sont essayés cependant), préférant retenir de ces versets les fondements d’une condamnation générale de tous les Juifs, rabbiniques ou non rabbiniques.

Mais pourquoi englober les chrétiens dans la même condamnation ? En quoi auraient-ils fait quoi que ce soit qui s’apparenterait à la sanctification des Talmuds ? En quoi auraient-ils trompé leur monde à propos des Évangiles, ou élevé d’autres écrits au-dessus des Évangiles ? Les Épitres et autres livres du Nouveau Testament ne s’opposent en rien aux Évangiles… Et l’on n’a jamais pu prouver une quelconque falsification des Évangiles : le texte coranique lui-même atteste de leur authenticité, comme nous allons le voir. D’où cette question légitime : dans son sens réel, le texte coranique désignait-il vraiment les chrétiens parmi les « Gens du Livre », alors même que les chrétiens, qui sont « gens de l’incarnation » ou « gens de la Parole » ont toujours rejeté ce qualificatif, beaucoup plus adapté de fait à décrire les seuls Juifs ?

Le texte coranique affirme l’authenticité de la Bible !

On l’a vu, la foi musulmane implique de désavouer christianisme et judaïsme, et donc leurs écritures. Le texte coranique accable les Juifs (rabbiniques) sur ce point, tandis qu’il n’est paradoxalement pas aussi tranché pour ce qui relève des chrétiens. Mais son examen plus approfondi révèle curieusement de très nombreux versets venant défendre l’authenticité de la Torah et des Évangiles.

En voici quelques-uns :

[les gloses entre crochets explicitent la lecture islamique qui est faite du texte]

S2,136 : « Dites : « Nous [les musulmans] croyons en Dieu et en ce qu’on nous a révélé, et en ce qu’on a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les Tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus [Torah et Évangile], et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur : nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes soumis ». ».

S3,3-4 : « Il a fait descendre sur toi [Mahomet] le Livre [le Coran] avec la vérité, confirmant ce qu’il y avait avant lui [Torah et Évangile]. Et Il fit descendre la Torah et l’Évangile auparavant, en tant que guide pour les gens. Et Il a fait descendre le Discernement. Ceux qui ne croient pas aux Révélations de Dieu auront, certes, un dur châtiment ! ».

S4,136 : « Ô les croyants ! Soyez fermes en votre foi en Dieu, en Son messager [Mahomet], au Livre [le Coran] qu’il a fait descendre sur Son messager [Mahomet], et au Livre qu’il a fait descendre avant [Torah et Évangile]. Quiconque ne croit pas en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers et au Jour dernier, s’égare, loin dans l’égarement. ».

S5,44 : « Nous [Dieu] avons fait descendre la Torah dans laquelle se trouvaient conseil et lumière. ».

S5,47 : « Que les gens de l’Évangile [chrétiens] jugent d’après ce que Dieu y a fait descendre ».

S5,68 : « Dis : « Ô gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Torah et à l’Évangile et à ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur » ».

S6,34 : « Nul ne peut changer les paroles de Dieu. ».

S10,64 : « Il n’y aura pas de changement aux paroles de Dieu. ».

S10,94 : « Si tu es dans le doute au sujet de ce que Nous [Dieu] avons fait descendre vers toi, demande donc à ceux qui lisent le Livre [Juifs et chrétiens, lecteurs de la Torah et de l’Évangile] avant toi ».

S18,27 : « Nul ne peut changer Ses [Dieu] paroles ».

S29,46 : « Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre [Juifs et chrétiens], sauf ceux d’entre eux qui sont injustes. Et dites : « Nous [les musulmans] croyons en ce qu’on a fait descendre vers nous [Coran] et descendre vers vous [Torah et Évangile], tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même, et c’est à Lui que nous nous soumettons » ».

Dans l’ensemble, la lecture islamique de ces passages du Coran semblerait ainsi valider l’authenticité de la Bible, du moins à l’époque de la supposée prédication du Coran par Mahomet (et à tout le moins à l’époque de la mise par écrit du texte coranique). Les auditeurs de la prédication coranique pouvaient donc alors lire la Bible dans toute son intégrité au temps de cette prédication, et, selon cette dernière, Dieu lui-même se faisait le garant de la pérennité de la Bible.

Affirmer alors, comme l’exige le sens de la foi islamique, que la Bible ne serait pas authentique, ce serait entrer en contradiction avec le texte coranique, et son interprétation traditionnelle en islam… Une incohérence de plus après celle que nous avons vue à propos des chrétiens soi-disant falsificateurs. Quelle est donc cette bizarrerie de l’islam qui le fait entrer en dissonance avec ce qui est supposé être son texte fondateur ? Les musulmans sont coincés ici, une fois encore, devant les contradictions de l’islam…

Cette contradiction du Coran et de la foi musulmane ne peut être résolue par l’islam

Face aux contradictions, et devant les injonctions de leur foi islamique qui oblige à croire en dépit de tout aux falsifications et turpitudes des chrétiens (celles des Juifs pouvant se rapporter à la critique du judaïsme rabbinique, comme on l’a vu), les musulmans ne peuvent résoudre ces dilemmes qu’en tordant la réalité.

C’est ce qu’ils font, par exemple, en affirmant que les Évangiles seraient étrangers à la foi chrétienne, en affirmant qu’on ne saurait y trouver de mentions à la divinité du Christ et à la Trinité (pourtant explicite en Mt 28,18-20, par exemple), à sa mort sur la croix en rémission des péchés (cf. entre autres Mc 10,32-34 ; Mc 10,45), à sa résurrection des morts (comment expliquer Jn 20 alors ?) ou bien que ces mentions seraient des ajouts tardifs (contre ce que qu’affirme le Coran (« Nul ne peut changer les paroles de Dieu »), et contre les recherches menées sur les Évangiles – cf. liens ci-dessous « Pour approfondir »). Ou bien en affirmant que les Évangiles annonceraient la venue de Mahomet – ce serait lui le « Paraclet » et « L’esprit de Vérité » annoncés par Jésus en Jn 14,26 et en Jn 14,17, bafouant ainsi le sens du texte. Ou bien même en affirmant que les prophéties messianiques de l’Ancien Testament se rapporteraient à lui.

Tordre la réalité, c’est donc ce que font prosaïquement les musulmans en fermant volontairement les yeux sur les contradictions évidentes qu’il y a à vouloir faire dire à des textes, Évangiles et Ancien Testament, ce qu’ils ne signifient nullement. Cet aveuglement délibéré a sans doute été facilité par l’interdiction faite aux musulmans de lire la Bible par eux-mêmes. Posséder une Bible peut toujours attirer de sérieux ennuis dans certains pays musulmans. De même, il était défendu aux chrétiens vivant sous la domination des musulmans, en « terre d’islam», de posséder un Coran.

En fait, tant que les musulmans raisonneront dans le cadre musulman, selon les présupposés de l’islam, ils s’enferment dans un dilemme absolument destructeur pour l’islam :

soit la Bible a été falsifiée alors que le Coran affirme le contraire, et donc le Coran est faux, et donc l’islam est faux…
soit la Bible n’a pas été falsifiée, mais alors, comme elle contredit le Coran, c’est donc que celui-ci est faux, et donc que l’islam est faux…

Il semble difficile d’imaginer qu’un système religieux recèle en son sein les germes de son autodestruction… Le Dieu de l’islam a vraiment été très taquin.

Plus sérieusement, si l’on souhaite comprendre le texte coranique et sortir de la contradiction, il nous faut alors sortir d’une manière ou d’une autre du paradigme musulman, sortir de la lecture forcée du texte qu’impose la tradition islamique et le lire pour ce qui y est réellement écrit. Le bon sens même et l’étude du texte arabe donnent de bonnes clés de lecture : les « Gens du Livre » désignés par le texte ne sont pas les Juifs, chrétiens et musulmans, mais les seuls Juifs – le mot arabe « kitab » ne désignant pas premièrement un « Livre » mais étymologiquement « ce qui a été prescrit, ce qui a été ordonné, les instructions (par écrit) », c’est à dire une « Loi », ce qui dans un sens second peut s’entendre comme « Livre » au sens de Loi révélée. C’est exactement le même sens premier que le mot hébreu de Torah (la Loi), laquelle était aussi considérée par les Juifs comme « le « livre par excellence… De là, le texte coranique s’éclaire. Citons en à nouveau quelques passages, parmi ceux que nous avions considérés, et quelques autres :

[les gloses entre crochets explicitent la lecture littérale du texte, libérée des interprétations forcées de la tradition musulmane]

S2,75-79 : « Eh bien, espérez-vous [auditeurs de la prédication] que des pareils gens [les Juifs] croient avec vous, alors qu’en fait, un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la parole de Dieu, la falsifia sciemment. (…). Malheur, donc, à ceux [les Juifs rabbiniques] qui de leurs propres mains écrivent l‘Écriture puis qui disent « ceci vient de Dieu » [les Talmuds] pour en tirer un vil profit ! ».

S3,78 : « Et il y a parmi eux [les Juifs] certains qui roulent leur langues en lisant le Livre [la Torah] pour vous faire croire que cela provient du Livre, alors qu’il n’est point du Livre [les Talmuds] ; et ils disent : « Ceci vient de Dieu », alors qu’il ne vient pas de Dieu. Ils disent sciemment des mensonges contre Dieu »..

S4,46 : « Il en est parmi les Juifs qui détournent les mots de leur sens [les interprétations des Talmuds] ».

S4,136 : « Ô les croyants ! Soyez fermes en votre foi en Dieu, en Son messager [Jésus le Messie], au Livre [l’Evangile] qu’il a fait descendre sur Son messager [Jésus le Messie], et au Livre [la Torah] qu’il a fait descendre avant [Torah et Évangile] ».

S5,13 : « Ils [les fils d’Israël, cf. S5,12] détournent les paroles de leur sens et oublient une partie de ce qui leur a été rappelé. Tu ne cesseras de découvrir leur trahison, sauf d’un petit nombre d’entre eux. ».

S5,68 : « Dis : « Ô gens du Livre [Juifs], vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Torah et à l’Évangile et à ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur. » [Reconnaissez Jésus comme le Messie] ».

S5,65-66 : « Si les gens du Livre [les Juifs] avaient la foi et la piété, Nous leur aurions certainement effacé leurs méfaits et les aurions certainement introduits dans les Jardins du délice. S’ils avaient appliqué la Thora et l’Evangile et ce qui est descendu sur eux de la part de leur Seigneur [s’ils avaient reconnu Jésus comme le Messie], ils auraient certainement joui de ce qui est au-dessus d’eux et de ce qui est sous leurs pieds. Il y a parmi eux un groupe qui agit avec droiture ; mais pour beaucoup d’entre eux, comme est mauvais ce qu’ils font ! ».

Dégagé des interprétations forcées de la tradition islamique, le texte coranique laisse apparaître un tout autre sens et certains de ses fondements historiques réels : l’entrainement des auditeurs de la prédication dont il rend compte dans une polémique judéo-juive lancinante et constante tout au long du texte. Il s’agit de distinguer parmi les Juifs un « petit nombre », c’est-à-dire ce « groupe qui agit avec droiture », de la masse des Juifs rabbiniques que la prédication condamne avec véhémence en raison de la sanctification des Talmuds et parce qu’ils ont refusé l’Évangile (et de là la messianité de Jésus….). Nous sommes bien loin des accusations envers les chrétiens d’avoir falsifié les Évangiles… Posons nous plutôt les questions qui découlent de l’étude du texte pour ce qui y est réellement écrit : quel était ce petit nombre de Juifs qui, à l’évidence, avait reconnu Jésus comme Messie, avait accepté l’Evangile et agissait ainsi avec droiture ? Quel a été son rôle dans les origines de l’islam et du texte coranique ? C’est ce que la recherche récente dévoile petit à petit…

Reproduction encouragée avec mention de la source : http://jesusoumohamed.com


Pour approfondir :

« Gens du Livre » et Nazaréens dans le Coran : http://lemessieetsonprophete.com/annexes/Ahl-al-Kitab_%27gens-du-livre%27.htm

Fiabilité et conservation des Évangiles : https://www.mariedenazareth.com/foi/fiabilite-et-conservation-des-evangiles/

Les Évangiles se contredisent-ils les uns les autres : http://questions.aleteia.org/articles/7/y-a-t-il-des-contradictions-entre-les-evangiles/

La foi chrétienne est la foi des Apôtres :  https://jesusoumohamed.com/2017/09/27/authenticite-foi-chretienne-preuve-par-histoire-eglise/

L’hypothèse des judéo-nazaréens à l’origine de l’islam, ce « petit nombre » de Juifs qui « agit avec droiture » : http://legrandsecretdelislam.com


[1] Selon la lecture islamique de S. ² ²           ²²²85,22, il y aurait au Ciel une « table » où serait « conservée » la parole de Dieu de toute éternité.

[2] Lazarus-Yafeh Hava, article « Taḥrīf », in Encyclopédie de l’Islam, Leiden Brill 2000 (consultée dans son édition en anglais The Encyclopedia of Islam)

 

NOTE : S = Sourate ou chapître - le chiffre qui suit indique le verset (aya)

 

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