LE BAPTEME

 

LE BAPTEME

Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit et apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit.                

Je remarquerai ici comment notre divin Sauveur après avoir commandé aux apôtres d’enseigner à tous les hommes les vérités de la foi, leur enjoint deux choses principales :

La première est de les baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Par-là, il substitue la douceur du baptême et de la loi nouvelle à la rigueur de la circoncision et de la loi ancienne.

La circoncision était comme la porte d’entrée de la loi ancienne ; loi de crainte et de servitude : aussi imprimait-elle dans la chair, avec effusion de sang, un sceau ignominieux et douloureux l

Le baptême, au contraire, est comme la porte de la loi nouvelle ; loi d’amour, loi filiale que Dieu écrit dans le cœur, sans autre signe extérieur que l’eau qui, en purifiant la chair, grave dans l’âme le caractère de chrétien, et lui communique, avec la grâce, l’esprit d’amour, propre aux enfants.

Le baptême se donne au nom de la Très Sainte Trinité, parce que les trois Personnes divines opère dans celui qui le reçoit de merveilleux effets.

Le Père l’adopte pour son fils, le fait hériter de son royaume, et se déclare son protecteur.

Le Fils le prend pour son frère et pour son cohéritier ; il lui applique les mérites de sa Passion, il l’admet au nombre de ses disciples et de ses amis.

Le Saint-Esprit s’unit à son âme, et pour en faire une épouse digne de Lui, il la pare de tous ses dons, l’enrichit de toutes les vertus, et contracte avec elle une alliance éternelle par la foi, par la charité, et par mille autres effets de sa grâce.

Toute la Très Sainte Trinité vient dans cette âme comme dans un temple qui lui est dédié ; elle y établit sa demeure, et s’attache à elle par une union semblable en quelque sorte à celle qui existe entre les trois Personnes divines dans la même essence. Voilà les noms glorieux que le prophète Isaïe appelle nouveaux, et que la bouche du Seigneur impose au chrétien nouvellement baptisé. Et pourquoi un tel honneur ? parce qu’il est uni à Jésus-Christ, il est devenu véritablement son frère, son ami, son compagnon, son disciple, et que son âme est l’épouse du Dieu infini.

Que toutes les hiérarchies des anges, Seigneur Jésus, louent votre bonté pour les bienfaits sans nombre dont vous avez comblé, et dont vous ne cessez de combler tous les hommes au moyen de ce sacrement ! Que vous rendrons-nous pour tant de faveurs que vous nous avez méritées, et qui sont le prix de votre Sang ? Si vous avez voulu que votre Corps adorable fut déchiré par de profondes blessures, c’est afin de répandre par l’eau du baptême vos bénédictions dans nos âmes et de les orner de votre grâce ; Que dis-je, de votre grâce ! Vous êtes Vous-même leur principal ornement, puisque, selon l’expression de l’un de vos apôtres, tous ceux qui sont baptisés en Jésus-Christ, sont revêtus de Jésus-Christ, et qu’au sortir du baptême, ils se trouve renouvelés et comme ressuscités avec Vous. Achevez en nous, ô notre Rédempteur, ce que vous y avez commencé ; faites revivre dans nos âmes la grâce à demi éteinte de notre première adoption afin que nous jouissions pleinement dans le Ciel de tous les privilèges qui sont l’apanage de vos enfants.

La seconde chose que Jésus enjoint aux apôtres, c’est d’expliquer ces commandements à tous ceux auxquels ils confèreront le baptême. Il semble leur dire : ils ne doivent pas se contenter d’être baptisés ; il faut encore qu’ils mènent une vie digne de la foi et de la grâce qu’ils ont reçu au baptême ; il faut qu’ils observent, non les cérémonies et les préceptes que Moïse leur a donnés dans la loi écrite, et qui demeure abolis, mais tout ce que je vous ai prescrit moi-même en publiant mon évangile. De sorte que, par ce commandement, Jésus-Christ décharge les fidèles du joug pesant de la loi ancienne, dont saint Pierre, parlant aux juifs au nom de tous les apôtres, disait que ni leurs pères ni eux n’avaient pu le porter. Et au lieu d’un joug si pesant, il nous impose le fardeau très léger de sa loi, avec l’obligation de garder tous ses préceptes sans en violer un seul.

 Je vous rends grâce, au mon divin Maître, de la substitution que vous avez faite de votre loi à celle de Moïse pour le repos de nos âmes. Il est bien juste que j’accomplisse tous vos commandements. Ils sont faciles et en petits nombre ; c’est Vous d’ailleurs qui me les imposez, Vous à qui je me sens infiniment redevable, quand je pense à ce que vous avez fait et souffert pour mon salut. Je veux donc non seulement les garder moi-même, mais encore enseigner aux autres à les garder fidèlement, car vous avez dit : celui qui fera et enseignera sera appelé grand dans le royaume des Cieux. Donnez-moi, Seigneur, votre double esprit, afin que j’observe ces deux points, dans lesquels vous faites consister notre perfection.

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