HISTOIRE AFN (9)

HISTOIRE  AFN  (9)  

 

d) IMPOTS. 

 

Outre la djezia, les non-musulmans devaient encore payer le khraradj ou taxe foncière. 

 

Le peuple conquis ne conservait pas en effet le droit de propriété sur ses terres, mais une simple possession 

viagère. Le kharadj n'était donc en somme que le loyer de la terre dont il restait l'usufruitier, mais dont il 

pouvait devenir le vrai propriétaire en se faisant musulman. (Au point de vue étymologique, kharadj veuf 

dire « ce qui sort » dُun terrain, ce que l'on en retire.) 

 

Faut-il parler ici d'un impôt, transitoire il est vrai, qui paraît avoir été spécial à l'Afrique et qui était d'autant 

plus injuste qu'il était perçu sur nos Berbères déjà islamisés. Nous voulons parler de l'impôt du quint, qui 

consistait à prendre le cinquième de la population féminine pour l'envoyer dans les harems de l'Orient 

 

Les femmes berbères étaient renommées en Orient pour leur beauté et le nombre de celles qui y ont été 

exportées a dû être considérable, car quelques lectures faites au hasard nous ont appris qu'Abd er Rahman, le 

fondateur des Ommiades d'Espagne, était né, à Damas, d'une berbère de Tiaret, ainsi que Rostem, le père du 

fondateur du  kharedjisme en Afrique, dans l'Irak. 

 

lbn Khaldoun nous dit en effet qu'Omar ibn Abdallah et Moradi gouverneur de Tanger voulut « prélever le 

quint sur les Berbères, sous prétexte que ce peuple était un butin acquis aux musulmans. (I, p. 359). 

 

Ces réserves  faites sur les procédés employés de fait, par les Arabes, à l'égard des populations africaines, nous 

admettons volontiers que, en droit, les chrétiens d'Afrique ont eu, au VII° siècle, la liberté de pratiquer leur 

religion aux mêmes conditions que les chrétiens d'Asie et d'Egypte. 

 

Je dis au VII° siècle; je ne parle que de l'époque de la conquête proprement dite, c'est-à-dire sous les 

Ommeyades (661-,750). Tous les khalifes de cette dynastie, moins un (Omar II) ont été absolument  

indifférents relativement à la conversion des infidèles. Quelques auteurs vont même jusqu'à dire que, loin de 

la favoriser, ils la voyaient de mauvais oeil, car conversion signifiait pour eux diminution du tribut. 

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