NOTRE SALUT PAR LA MESSE

 

Méditation de la Semaine Sainte :

Un Dieu qui se fait homme pour expier nos péchés.

 

Chers amis,

 Si nous voulons saisir tout l’enjeu du mystère de la Passion d’un Dieu qui expie nos péchés, évoquons le message de Notre Dame à Fatima. Le 13 juillet 1917, après la description de la vision de l’enfer, immédiatement après, sœur Lucie écrit :

 « Effrayés et comme pour demander secours, nous levâmes les yeux vers Notre Dame qui nous dit avec bonté et tristesse : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pêcheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. La guerre (1914-1918) va finir. Mais si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire. »

 La Très Sainte Vierge reste la messagère de la miséricorde de Dieu. Certes les hommes offensent la bonté divine, mais Dieu veut leur conversion. Il indique le moyen du retour à Dieu par la dévotion réparatrice au Cœur immaculé de Marie des premiers samedis du mois. Dans ce message, nous avons aussi la prière de l’ange de Fatima qui nous invite à offrir le précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ. Cette offrande se rapporte sans aucun doute à notre participation intérieure aux prières du prêtre à l’Autel du Sacrifice.

 Le principal remède à tous ces maux demeure toujours : le Saint Sacrifice de la Messe. En effet le catéchisme nous enseigne ce qu’est la Messe : « la Messe est un sacrifice dans lequel Jésus-Christ offre à son Père, par le ministère des prêtres, son Corps, son Sang sous les apparences du pain et du vin, pour représenter et continuer le sacrifice de la Croix. (1) » Le prêtre renouvelle à l’autel toutes les intentions de notre Sauveur « Pour satisfaire à la Justice divine et opérer le salut des hommes. (2)»

 Dieu le Père a envoyé son Fils pour réparer les péchés des hommes, le Fils a répondu à son Père par les souffrances de la Croix, et le prêtre ne fait que revivre à l’autel l’intention divine pour l’appliquer concrètement à nos âmes unies à lui.

 Le catéchisme s’interroge pour savoir « s’il était nécessaire que Jésus-Christ souffrît la mort cruelle de la croix pour nous racheter ? » La réponse est encore l’occasion de nous confondre en reconnaissance des dons reçus dans les sacrements : « Non, une seule goutte du sang de Jésus-Christ, ou même la moindre de ses actions, étant d’une valeur infinie, offerte à son Père, suffisait pour nous racheter. » Alors pourquoi tant souffrir ? « Jésus-Christ voulut tant souffrir : pour satisfaire d’une manière surabondante à la justice de Dieu son Père, infiniment offensé par le péché des hommes, pour nous témoigner davantage son Amour, pour nous inspirer une plus vive horreur du péché qui est la cause de sa mort. »

Afin que nous obtenions le pardon de nos péchés, l’amour du Sauveur pour la gloire de son Père demeure un motif fondamental de notre religion et explique notre ferme espérance. Ainsi le catéchisme rappelle que « Jésus-Christ pouvait très facilement se garantir de la mort violente ; mais Il voulait mourir afin de faire mieux connaître l’énormité de nos péchés et la grandeur de son Amour ». Ainsi « Il s’offrit Lui-même volontairement à mourir pour nous, et permit que les juifs Le fissent condamner à mort par les gentils qui Le crucifièrent. »

 À une question d’actualité brûlante sur l’œcuménisme ambiant, nos anciens rappellent une vérité essentielle : « N’y avait-il personne d’autre que Jésus-Christ qui pût satisfaire à la justice divine ? Non, il n’y avait ni homme ni ange qui pût satisfaire suffisamment à cette justice divine (et effacer nos péchés)». Le fait que les hommes adorent des idoles issues des fausses religions excite la sainte colère de Dieu. Il n’y a qu’un Sauveur qui rende gloire à la Sainte Trinité, c’est Notre Seigneur Jésus-Christ et il n’y en a pas d’autres. Le seul culte véritable qui satisfait au pardon des pécheurs contrits et à celui d’une société reconnaissante de ses fautes sociales est le Saint Sacrifice catholique.

Le pape Pie XII, dans son encyclique (3) sur la messe, invite donc les fidèles à s’unir intimement aux mystères célébrés à l’Autel par le ministre sacré : « Il est nécessaire que tous les chrétiens considèrent comme un devoir principal et un honneur suprême de participer intérieurement en union au Saint Sacrifice de la Messe, et cela, non d’une manière passive ou négligente ou en pensant à autre chose, mais avec une attention et une ferveur qui les unissent étroitement au souverain Prêtre (par le prêtre à l’autel) selon la parole de l’Apôtre Saint-Paul

« Ayez en vous les sentiments qui étaient dans le Christ Jésus, offrant avec Lui et par Lui, se consacrant avec Lui ».

 Pour exciter en nous ses sentiments divins face à la misère morale de notre siècle, le Sacré Cœur de Jésus révèle à notre messagère, Claire Ferchaud, la grandeur ineffable de la Messe. : « La Messe, qui dépasse toute sublimité, épanche sur le monde toute la valeur rédemptrice du Christ Sauveur. La Messe, qui remet l’homme dans l’axe de sa filiation divine, qui restaure les institutions affaiblies, qui consolide les piliers ébranlés de l’Église, la Messe, la seule porte d’accès aujourd’hui pour ouvrir les vannes de la Miséricorde divine… La Messe qui paie intégralement la dette des hommes. » Humainement parlant, comment cette petite Fleur de Loublande pouvait-elle décrire en peu de mots une réalité qui dépasse notre entendement ?

Nous entrons donc, avec une foi plus éclairée, dans la grande Semaine. Toutefois cette année, notre participation aux offices aura un autre caractère, celui de prendre le temps de méditer sur les mystères que la liturgie nous propose. Certains regarderont par Internet les cérémonies ce qui est tout à fait louable, mais il reste à unir nos efforts intérieurs aux sentiments d’un Dieu fait homme qui offre sa vie douloureuse en expiation de nos manquements dans la foi.

Ce dimanche des Rameaux, nous méditerons la Passion selon Saint Matthieu, en réalisant que les souffrances physiques et morales de Notre Seigneur s’appliquent à nos pauvres âmes pécheresses.

Le Jeudi Saint, nous nous unirons au grand désir de Jésus-Christ qui veut par l’institution de la Sainte Messe demeurer parmi nous jusqu’à la fin des siècles. Puis transportés en esprit devant le Reposoir, nous essaierons de Le consoler lors de son Agonie au jardin des Oliviers.

Le Vendredi Saint, après le chemin de croix, la liturgie nous invite à adorer la Sainte Croix pour que nous apprenions à l’aimer malgré nos répugnances et à vraiment la considérer comme le seul et unique remède qui guérit les âmes de la damnation éternelle.

La Veillée pascale devra être aussi vécue intérieurement en nous efforçant de penser à toutes les grâces de notre baptême qui ouvre la porte du paradis.

 Si la privation sensible des Offices de la Semaine Sainte sera ressentie comme une peine pour certains, Dieu accordera ses grâces avec autant de bonté et récompensera nos efforts. Pour cela en montant à l’autel, je sanctifierai vos intentions en les offrant sur la patène et dans le calice afin que chacun grandisse dans la Charité du bon Dieu.

À dimanche prochain, si Dieu veut !

Abbé Hubert

  1 Petit trésor des catéchismes diocésains, édition Via Romana, p 524

  2 Idem p 125                                         

  3 Médiator Dei du 27 XI 1947

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