ORIGINES DE LA FRANCE CHRETIENNE

ORIGINE DE LA FRANCE CHRETIENNE


Le Père de la nation française est un Evêque


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Nous connaissons tous saint Rémi (437-535) ; c'est l'apôtre des Francs, le pontife à la Sainte-Ampoule, le
vrai père de notre patrie. Placé par la main de Dieu dans la Gaule-Belgique, il arrêta le torrent dévastateur
des Francs et le changea pour ainsi dire en un fleuve paisible ; il saisit le front altier de Clovis, le courba
devant Jésus crucifié, le plongea dans les eaux du baptême.
En même temps que Clovis sortait des eaux régénératrices, une nation nouvelle surgissait au grand soleil de la
Chrétienté, armée de toutes pièces pour l'extension du règne de Jésus-Christ. C'était la nation française ; nous
avons raison de dire que saint Rémi en est le père.
Ce grand pontife eut pour mère sainte Célinie dont nous parlons et pour père Emile, comte de Laon, seigneur
d'une haute noblesse, mais d'une vertu plus haute encore, qui est louée par saint Sidoine Apollinaire. Il naquit
de leur mariage deux enfants ; l'un est saint Principe, qui fut Évêque de Soissons ; l'autre eut pour enfant saint
Loup qui succéda à son oncle sur le siège de la même ville.
Tels furent les premiers fruits vraiment saints de cette sainte union. Dieu destinait aux deux époux un fruit
plus excellent encore, mais il fallait qu'il vînt par miracle et que tout fût merveilleux à sa naissance.
Emile et Célinie étaient déjà avancés en âge et ne songeaient plus qu'à servir Dieu par la prière et les bonnes
œuvres, quand arriva le prodige que nous allons raconter.
Dans une forêt voisine de Laon vivait un saint ermite aveugle, nommé Montan, qui priait ardemment pour la
cessation des maux, notamment le fléau de la guerre, qui désolait la Gaule-Belgique. Après une nuit toute
entière passée en prière, il eut une révélation. Dieu lui commanda d'aller trouver au château de Laon la pieuse
dame Célinie, et de lui annoncer qu'elle aurait un fils, et que ce fils était élu de Dieu pour le salut de tout le
peuple.
« Ce fils devra s'appeler Rémi, ajouta l'oracle céleste, car il sera le remède aux maux qui affligent la terre. »
Montan alla trouver la bienheureuse dame Célinie. Elle hésitait à le croire, non par manque de foi, mais par
humilité et par une sainte retenue. « Comment, disait-elle, étant si avancée en âge, pourrai-je avoir un enfant
et l'allaiter ? » Montan lui répondit que lui-même devait recouvrer la vue en se frottant avec quelques gouttes
du lait destiné à l'enfant, qu'elle n'hésitât donc en aucune manière de se fier à la toute-puissante bonté de Dieu.
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La prédiction se vérifia de tout point. Célinie eut un fils, que, d'après le nom indiqué par le ciel, elle nomma
Rémi. Le bienheureux ermite Montan se frotta les yeux avec quelques gouttes du lait de Célinie et il recouvra
la vue. Ainsi parut au monde celui qui devait illuminer tout un peuple des clartés de l'Evangile.
Sainte Célinie prit, pour l'aider à élever cet enfant de bénédiction, une pieuse femme nommée Balsamie. Elle
aussi est honorée d'un culte public à Reims, sous le nom de Sainte nourrice ; elle eut un fils nommé saint
Celsin. Quelle magnifique effusion de sainteté autour du berceau de l'apôtre des Francs !
Saint Rémi grandit dans cette atmosphère. Il montra tout de suite la maturité d'un homme fait. Il avait à peine
dépassé les 20 ans, qu'il fut nommé Archevêque de Reims ; par un prodige presque sans exemple, il tint ce
siège plus de 60 ans. Il nous apparaît comme un de ces hommes rares, dans lesquels la douceur et la force sont
en proportion égale, et qui dominent tout par l'ascendant d'une sagesse consommée avant les années.


Sainte Célinie ne vit probablement pas sur Terre les grandes choses que Dieu accomplissait par le fils de sa
vieillesse ; mais elle les vit du haut du ciel. Elle est honorée à Laon le 21 octobre, jour auquel elle est marquée
au martyrologe romain.
Dom Bernard Maréchaux (XIXè siècle) – Les saintes, mères des saints

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