HISTOIRE AFN (3)

HISTOIRE  AFN  (3)  

 

b) Point de vue du Père Blanc : 

 

Nous allons reprendre le long extrait de sa lettre et dire à notre tour ce que nous pensons de cette question 

historique. 

 

D'abord nous distinguerons entre la question de droit et la question de fait, c'est-à-dire entre la doctrine du 

Coran sur la manière dont les musulmans doivent traiter ceux qui ne le sont pas, et sur la façon, dont, de fait, 

l'Afrique a été conquise et islamisée. 

 

Ce sont en effet deux questions bien distinctes qu'il ne faut pas confondre, sous peine de se tromper 

grossièrement, 

 

Question de droit : 

 

Comment le Coran ordonne-t-il de traiter les non-musulmans ? 

 

Quoique ce travail soit avant tout historique et repose sur l'étude des faits, il ne sera pas inutile de suivre M. 

Béchir Sfar sur ce terrain. Il traite en effet cette question d'une façon tellement incomplète, que les faits les 

plus historiquement prouvés sont absolument dénaturés. 

 

A le lire, on a l'impression que les idolâtres polythéistes peuvent jouir de la condition des dhimmis (2) 

 

C'est faux. 

 

Avec le païen, il n'y a pas, aux yeux du musulman, d'accommodement possible. 

Le Coran est formel : 

 

« Annonce, dit-il, le châtiment douloureux à ceux qui ne croient pas. Tuez les idolâtres partout où vous les 

trouverez, faites-les prisonniers, guettez-les en toute embuscade. » (S. 9, 5) 

 

(1) Je dois à la loyauté et à la justice de déclarer ici que tout ce qui, dans les pages suivantes, est relatif au 

Coran, je l'ai emprunté aux notes précieuses qu'ont bien voulu m'envoyer mes confrères arabisants distingués, 

les Pères Giacobetti et Foca, missionnaires, le premier à Médina, dans 1'Aurès, le second à Ouargla, dans le 

Sahara. 

 

Définition de la dhimmitude : 

 

« Les dhimmis, disons-nous, au risque de nous répéter, sont les peuples soumis à la puissance mahométane, 

volontairement, par capitulation, ou par force, et qui, refusant d'embrasser l'islamisme sont condamnés à un 

tribut individuel qui leur est imposé comme rachat de l'esclavage ou de la mort qu'ils ont encourue par leur 

infidélité. 

 

Ils doivent jouir au même degré que les musulmans du bénéfice des lois civiles qui garantissent la sûreté des 

personnes et des propriétés. 

 

Cependant, dans l'ordre social, ils sont inférieurs, ils ne peuvent revêtir le même costume que les fidèles, ne 

peuvent porter des armes, aller à cheval ; ils doivent céder le pas aux musulmans. 

 

Les idolâtres et les apostats ne peuvent être admis à payer la capitation ; ils n'ont le choix qu'entre la 

conversion à la loi musulmane ou l'extermination ; leurs femmes et leurs enfants sont réduits en esclavage. ' 

 

(Recherches sur la Constitution territoriale dans les pays musulmans, par le Dr Worms, tiré du Mouradjea 

dُHosson, vol. V, p. 49. Chapitres sur la guerre et les sujets tributaires, dans le Journal Asiatique, Octobre, 

1842. Cfr. LIV 1851 p. 419 . DE QUATREMERE, Mémoires géogr. et histor. Sur lُEgypte, Paris 1811 ; 

Takki Eddini Makrizh, Historia Coptorum Christianorum in Aegypto. Edita a Wetzer, Salisbari, 1828, in-8° 

 

« O Croyants, combattez vos voisins infidèles ; qu'ils trouvent en vous des ennemis implacables.» (S. 9, 123) 

ق 

 

« Il ne sied pas au Prophète d'implorer le pardon d'Allah pour les idolâtres, fussent-ils ses parents ''. » (S. 9, 

114) etc. etc. 

 

Ainsi donc pour le païen, il n'y a ni merci, ni quartier ; c'est la conversion à l'Islam ou la mort. 

 

Pour les « Hommes du Livre ». Juifs et chrétiens, les conditions ne sont pas aussi implacables ; Mahomet 

consent à les laisser vivre dans leur erreur, parce que, après tout, ils croient en Dieu, mais à la seule condition 

qu'ils paieront le tribut. 

 

En somme, tandis que, pour les païens, la formule est: 

Ou lُIslam ou la mort; 

 

Pour les chrétiens et les Juifs, la formule est: 

 

Ou lُIslam ou le tribut, sinon, la mort. 

 

« Faites la guerre, dit le Coran, à ceux d'entre les hommes des Ecritures qui ne professent pas la croyance de la 

vérité. Faites-leur la guerre jusqu'à ce qu'ils paient le tribut, tous sans exception, et qu'ils soient humiliés. » (S. 9, 29) 

 

« Les Juifs disent : Ozaïr est le fils de Dieu. Les chrétiens disent : le Messie est le Fils de Dieu ; telles sont les 

paroles de leur bouche ; ils ressemblent, en les disant, aux infidèles d'autrefois. Que Dieu leur fasse la guerre. ) (S. 9, 30) 

 

On voit, par les deux versets qui précèdent, la différence posée entre les Juifs et les chrétiens, d'un côté, et les 

idolâtres de l'autre, par le Coran lui-même. 

 

Bokhari commentant cette parole du Coran : 

 

« J'ai reçu l'ordre de tuer les hommes tant qu'ils ne diront pas: 

« Il n'y a d'autre Dieu que Dieu » 

 

fait remarquer que les Juifs et les chrétiens étant monothéistes ne sont pas soumis à cette loi implacable. Mais 

les idolâtres n'auront racheté et affranchi leur sang et leurs biens que quand ils auront prononcé cette 

formule.1 

 

Il est vrai qu'en dehors de ces versets, il y en a d'autres qui ne parlent que de tolérance. Les musulmans qui ont 

intérêt à donner le change sur le véritable esprit du Coran, s'en servent pour jeter de la poudre aux yeux des 

chrétiens et les tromper. 

 

Cette façon d'agir peut quelquefois réussir, mais non à l'égard de ceux qui sont avertisَOr, voici la vérité : 

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