LE PECHE ET SON OEUVRE DANS LE MONDE

 

le peche et son eouvre dans le monde

LE PECHE ET SON ŒUVRE DANS LE MONDE

 

Dieu a créé les Anges et l’homme dans un état de justice et de sainteté dans lequel ils jouissaient de tous les biens en rapport avec leur nature. Et sa bonté fit plus encore en les appelant à entrer par la vision béatifique dans son bonheur personnel, infini naturellement incommunicable, si bien qu’Il dut mettre en eux par sa grâce toute puissante une aptitude spéciale pour le leur faire partager. Privilège insigne qui unissait ainsi la créature au Créateur dans l’intimité d’un bonheur commun et, sans rien changer à l’essence de la créature qui restait créature, la faisait cependant participer à la vie propre de Dieu et lui permettait, dans l’éblouissement du face à face avec les Trois Personnes divines de s’abreuver avec Elles à la même coupe d’éternelle joie. A cette infinie béatitude que Dieu leur offrait gratuitement, il convenait que l’Ange et l’homme, êtres intelligents et libres, accédassent librement. Car d’une part Dieu est trop grand, trop fier, trop justement jaloux de son bonheur pour s’imposer par la force à sa créature qui ne voudrait pas de Lui ; d’autre part, l’honneur de la créature intelligente exigeait aussi que dans un acte aussi essentiel, aussi important, où toute son éternité, tout son être étaient engagés, elle se déterminât d’elle-même en toute liberté.

Dieu leur propose donc une épreuve. En la proposant comme en la fixant, Il usait de son droit de Maître. Il l’affirmait hautement, comme en s’y soumettant, la créature affirmait sa soumission à Dieu, sa dépendance absolue vis-à-vis de Lui, et donc, que si elle était créature libre, elle n’était pas pour cela indépendante.

Cette épreuve eût pu être lourde et longue – l’enjeu ne valait-il pas tous les sacrifices ? – elle fut certainement sage et paternelle. La foi ne dit rien de certain sur celle qui fut proposée aux anges.

Les Pères et les théologiens émettent sur ce point des avis divers ; il semble toutefois que la pensée actuelle la plus commune est que Dieu découvrit aux Anges l’Incarnation future et leur commanda d’adorer le Verbe Incarné. Cette épreuve répond au passage de l’Epître aux Hébreux où il est dit que Dieu introduisant son Fils dans le monde commande aux Anges de l’adorer : Et adorent eum omnes Angeli. (Hébreux 1, 5 ) , et elle est d’autant plus vraisemblable que l’Homme-Dieu devant être le Chef de la Création tout entière, de l’univers matériel, des hommes comme des Anges, il était juste et raisonnable qu’en créatures intelligentes, les Anges comme les hommes se reconnussent librement ses sujets.

Et c’est là aussi ce qui pour les Anges et surtout pour le premier d’entre eux : LUCIFER, pouvait faire l’objet d’une tentation véritable. Car il était le chef des Anges, étant le plus grand et le plus beau. Et, comme les Anges étaient les créatures supérieures et que, dans sa Providence ordinaire, Dieu régit ses créatures inférieures par les créatures supérieures, le chef des Anges était, par le fait, le chef incontesté de toute la création. Lorsqu’au jour de l’épreuve, le Christ , Dieu fait homme, est manifesté, parce que cet Homme-Dieu, tout naturellement, va être le souverain universel et prendre la première place, celle que jusque-là avait Lucifer, alors dit l’Ecriture, par jalousie de Satan, le péché entra dans le monde. Refusant de se soumettre à la domination du Christ, il se dressa devant Lui en adversaire ; il devient « Satan » : « celui qui est contraire », et, communiquant sa tentation et sa révolte aux autres Anges, il en entraîna un grand nombre dans son péché et dans son malheur. L’enfer éternel est dès lors créé pour le démon et ses satellites (Matthieu 25, 41) et sans miséricorde possible ; car toute grâce ne peut venir que du Christ et quiconque refuse de se soumettre au Christ se met ainsi, par sa propre faute, en dehors de tout pardon.

Et la créature de lumière et de beauté qu’était Lucifer, devient l’ange déchu, le chef des rebelles et des maudits, le prince des ténèbres, le roi de la mort et de l’enfer, l’être pervers, impur, méchant qui garde toute sa puissance. Il est, dit Notre Seigneur, le Prince de ce monde (Jean 12, 31), le fort armé (Luc 11, 21) et il n’use de cette puissance que pour s’opposer partout au Christ et à son œuvre. Sa malfaisance s’étend sur la terre entière. IL est au Paradis terrestre après la création de l’homme, il y est en ennemi du Christ, pour déshonorer et faire tomber Adam, père de toute la race humaine, qu’il veut arracher au Christ et ranger sous sa domination. Il tente l’homme pour le séparer du Christ.

Adam, instruit par Dieu de l’Incarnation future, bien qu’il ne le fût pas de son péché, savait que Dieu le destinait à l’infinie béatitude du Ciel dans le Christ et par le Christ. Le démon cherche à lui persuader que cette béatitude, il l’obtiendra, non par sa soumission mais par sa désobéissance qui fera de lui l’égal de Dieu  (L’orgueil) sans passer par le Christ. Séduit par Eve, Adam céda, il goûta au fruit défendu et aussitôt, n’étant plus vêtu de justice, il se sentit dépouillé, il eut honte des appétits fangeux qui montaient en lui, du goût qu’il sentait pour les eaux troubles, lui qui jusqu’alors n’avait bu qu’aux claires et fraîches sources du bien. Ce fruit que Satan lui avait présenté comme si doux,  et si désirable ne lui laissait qu’un goût amer. Avec lui s’était glissé dans son être profond un germe mortel qui le condamnait et, avec lui, en lui, et par lui, sa descendance.

Mais ce n’était pas par malice qu’il était tombé, ni par haine du Christ, ou par révolte contre Lui. C’était sous l’impulsion du tentateur qui avait troublé son champ psychologique. Dieu fut indulgent. Devant la chute du premier homme, le Christ, Chef de l’humanité, accepta le rôle de Rédempteur avec toutes ses conséquences. Le Christ n’existait pas encore temporellement dans sa nature humaine, mais ses actes étaient présents à Dieu de toute éternité. Ils n’étaient pas encore posés dans le temps, ils l’étaient en dehors du temps. Et le Christ accepte l’Incarnation rédemptrice, c’est-à-dire l’Incarnation expiatrice du péché, et réparatrice des maux causés par le péché : du tort injuste fait à Dieu à qui il fallait rendre gloire, honneur et amour ; du mal causé à l’homme à qui il fallait rendre la pureté, le paradis, et la dignité de fils adoptif de Dieu.

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