AL WALA WAL BARA (4)

AL  WALA  -  WAL  BARA  (4)  

 

LA DOCTRINE AL-FITRA 

 

La doctrine de Fitra traite du concept islamique de nature humaine. Fitra est la prédisposition naturelle de tous 

les êtres humains à reconnaître qu'il n'y a qu'un dieu, Allah et, par extension, de se soumettre à Sa volonté. 

L'Islam est appelé Din al-Fitra, la religion de la nature humaine, parce que dans la conception musulmane ses 

lois et ses enseignements sont appropriés pour la totalité de l'univers et de l'humanité. 

 

La croyance que toute l'humanité est foncièrement musulmane, est conforme à cette doctrine. Tous les bébés 

qui viennent au monde sont musulmans, et c'est seulement l'ignorance et l'inconséquence de leurs parents qui 

les font changer de religion. Les preuves supposées de cette thèse proviennent des Ancien et Nouveau 

Testaments. Tous les patriarches et les prophètes juifs et chrétiens étaient en fait musulmans : ils prêchaient 

l'Islam des débuts et énonçaient clairement que Muhammad est le messager de Allah et le «Dernier des 

Prophètes » 

 

Donc Abraham est supposé avoir prié : 

 

« Soumets-nous, Ô Allah, à ta volonté » (75) tandis que les fils de Jacob auraient dit plus tard : 

« Nous adorerons votre Allah, et le Allah d'Abraham, et d'Ismaël, et d'Isaac, le seul et unique Allah, et nous 

nous soumettrons à lui. » (76) Moïse est supposé s'être exclamé : 

« Ô mon peuple, si tu crois en Allah, place ta confiance en lui, sois obéissant. Son peuple répondit : nous 

avons placé notre confiance dans Allah. »  (77) 

L'appropriation des figures bibliques par l'Islam s'étend au christianisme. 

 

Marie est supposée avoir rapporté que Jésus aurait dit : 

 

Il est sûr qu' Allah est mon seigneur et ton seigneur, que nous le servons, ce qui est le droit chemin. Et quand 

Jésus percevait des marques d'incroyance chez ceux qui le suivaient, il disait: qui m'assistera sur le chemin 

d'Allah ? Les disciples de répondre : nous sommes tes assistants (sur le chemin) d'Allah. Nous croyons en 

Allah et nous portons le témoignage que nous sommes soumis. (78) 

 

De même que les pères de l'Eglise utilisaient l'Ancien Testament pour prouver que Jésus-Christ avait été 

annoncé par les prophètes, les exégètes musulmans cherchèrent aussi des témoignages sur Muhammad et la 

preuve de son authenticité dans les Ancien et Nouveau Testaments. La promesse biblique de l'arrivée un jour 

d'un nouveau prophète pour les enfants d'Israël (79) a été interprétée comme l'annonce de l'arrivée de 

Mohammed en tant que « dernier » tous les prophètes. (80) 

 

Le Cantique de Moïse se trouve dans le Deutéronome 33:2. Il y est dit: 

 

« Yahvé est venu du Sinaï 

Pour eux, depuis Seïr il s'est levé à l'horizon 

Il a resplendi depuis le Mont Parân. » 

 

Il est réinterprété de la même manière ; le Sinaï est le lieu où Moïse a reçu la Torah, Seïr l'endroit où Jésus a 

eçu la révélation divine, tandis que Parân, une région montagneuse près de La Mecque, serait le lieu où Allah 

s'est manifesté à l'humanité pour la dernière fois en apparaissant à Muhammad. (81) Les commentateurs 

musulmans citent aussi Isaïe 42:1-4, les Psaumes 72:12-17, et Michée 4:1-2 comme preuves supplémentaires 

du statut de prophète de Muhammad et de sa supériorité. (82) et saint Jean 

 

Quand on les met face à face, al-Fitra semble contredire le concept al-Wala wal-Bara. Al-Wala wal-Bara est 

exclusif, al-Fitra est inclusif. Al-Wala wal-Bara rejette l'autre. Al-Fitra annexe l'autre. Cependant, un examen 

soigneux montre que al-Fitra n'est que la mise en pratique de l'ancienne forme de pensée dans une optique 

totalisante. L'une et l'autre conçoivent un monde sous l'emprise d'Allah, la supériorité de l'Islam étant 

évidente. La  doctrine al-Fitra s'attache à prouver la supériorité de l'Islam contenu dans le message de 

Muhammad, en en faisant la religion innée de toute humanité (attestée par les prophètes des Ancien  et 

Nouveau Testaments, en paroles et en actes.) Tous les autres systèmes religieux lui sont de ce fait inférieurs. 

C'est précisément ce qui est le fond de la doctrine al-Wala al-Bara qui prescrit de se rapprocher de la parole 

d'Allah et de  rejeter tout ce qu'Il déteste, en particulier les croyances corrompues de l'Autre. 

 

CONCLUSION 

 

La doctrine al-Wala al-Bara joue un rôle critique dans la compréhension de la conception islamique du monde 

et dans la perception de l'Autre, le second principe venant juste après tawhid, l'unicité d' Allah pour  les 

Fidèles. Sans cette doctrine, la foi est incomplète; elle est le critère utilisé pour distinguer entre les Croyants et 

les ennemis de l'Islam. Tawhid ne sera jamais réalisé sur la terre tant que les Croyants n'appliqueront pas 

al-Wala wal-Bara en s'inspirant du mode de vie de Muhammad (as-Sirat al-Mustaqim).(83) Puisque  la 

reconnaissance de la vérité du message de Mohammed est l'obligation islamique la plus essentielle, les 

musulmans ont pour devoir d'imposer la charia à l'humanité. Les Infidèles qui résistent à l'Islam sont donc 

responsables de la persistance de la violence et de l'absence de paix dans le monde. Ce sont eux qui  forcent les 

musulmans à prendre des mesures défensives pour protéger la vérité de l'Islam, à travers le jihad si nécessaire. 

(84) La soumission ( à l'Islam) est la seule solution pour obtenir la paix dans le monde, et dans l'intérêt 

 

supérieur de l'humanité, l'Autre doit perdre son altérité. Cette image d'elle-même nous aide à comprendre 

pourquoi la multitude musulmane réagit violemment dans presque toutes les situations où l'honneur  de son 

prophète ou bien sa foi, semblent méprisés. Cette multitude se plaint en même temps être victime 

d'oppression, d'agression, de racisme et d'une nouvelle bête noire taillée sur mesure, « l'islamophobie. » 

 

Source : Islam's Hatred of the Non-Muslim, par David Bukay, ME Forum, Été 2013. Traduction par David 

Jean-Pierre Bensimon, Un autre regard sur le Proche-Orient, no 11 

 

Notes: 

 

75 Coran 2:127-8. 

76 Coran 2:133. 

77 Coran 10: 84-5. 

78 Coran 3: 51-2; 5:111. 

79 Deut. 18:17-9. 

80 Coran 33:40, Ismail Ibn Umar, Ibn Kathir, Tafsir al-Qur'an al-Azim (Cairo: Maktabat al-Malik Faisal, 

1984), pp. 493-4, 501. 

81 Zaghlool  Al-Najjar, "Paran in the Bible is Mecca today," accessed May 3, 2013; Coran 3:3, 7:157; "Mecca 

is Bacca and Paran," Pss. 84:5-6; Coran 3:96-7. 

82 "Eleventh Hadith: Man's Good-Seeking Nature," Ahlul Bayt Digital Islamic Library Project, al-Islam.org, 

accessed Apr. 19, 2013. 

83 Taqi ad-Din Ahmad Ibn Taimiya, Majmu al-Fatawa (Riad: Maktabat al-Abiqat, 1998), vol. 28, 

84  Coran  3:118; 4:89; 9:32, 34; 47:34-5; 2:217 

85 

 

E&D : En 1999, le ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement (de gauche), le 1er ministre Lionel 

Jospin (de gauche) et le Président de la République Jacques Chirac (de droite) se sont couchés devant 

les instances musulmanes de France qui ont refusé de considérer l'apostasie comme libre, et 

n'entraînant pas la peine de mort. Cette décision leur a été imposée par le Conseil Européen de la 

Fatwa et de la Recherche, dirigée par Yussuf Al-Qaradawi. 

 

Commentaires (NDLR) 

 

La traduction " pas de contrainte en religion " me parait manquer de fidélité. Je traduirais plutôt par  " pas de 

contrainte dans la religion de l'Islam " ce qui introduit une ambiguïté dans le fait que le verset parle de la 

religion en tant qu'ensemble de religion ou de la religion dans son essence la plus parfaite aux yeux du 

rédacteur du  coran. L'ambiguïté est levée par le coran

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau