HISTOIRE AFN (16)

HISTOIRE  AFN  (16)  

 

Mexique 

 

Il s'agit du Mexique et c'est un prêtre qui va nous donner ces détails. On ne peut donc l'accuser de parti pris 1. 

(Abbé Domenech, Le Mexique tel quُil est.) 

 

D'après lui, ces indigènes sont catholiques de nom, et pourtant demi-païens dans leur culte. Ils vont à la 

messe, le dimanche, avec la volaille et les denrées qu'ils portent au marché, comme les indigènes d'Hippone 

allaient à certain jour « fricoter » dans la cathédrale. 

 

Les chrétiens de la Proconsulaire prenaient encore part, en grand nombre du moins, aux sacrifices en 

l'honneur de la déesse Céleste, ceux de la  Numidie Septentrionale continuaient à sacrifier à Saturne, 

les Indiens catholiques du Mexique sacrifient, à certains jours, des tourterelles et autres animaux; 

les habitants de Salamanca vont sacrifier dans le cratère éteint de Culiacan leurs scapulaires, leurs croix et 

leurs chapelets, pour obtenir le succès dans leurs entreprises et avoir de l'argent. 

Il y a quelques années, ajoute-t-il, des sacrifices humains avaient même lieu dans l'Etat de Puebla. 

 

Lors de la fête de St Michel qui, pour les Indiens, est leur ancien dieu de la guerre, Huitzipochli, on sacrifiait 

un petit garçon sans parents, ou bien un vieillard (lui n'avait rien de mieux à faire que de s'en aller dans l'autre 

monde.) 

 

« Il faudrait des volumes, continue le même auteur, pour raconter les superstitions indiennes ayant un 

caractère idolâtrique qui subsistent encore aujourd'hui. Faute d'une instruction sérieuse, on retrouve dans le 

catholicisme indien de nombreux vestiges du paganisme aztèque. » 

 

Et cependant, ces Indiens sont les fils de ceux qui ont été évangélisés par les missionnaires venus à la suite des 

premiers conquérants espagnols, il y a plus de 300 ans. La catholique Espagne y a dominé pendant plus de 

deux siècles, les plus grands Ordres religieux de l'Église, les Dominicains et les Franciscains, y ont jusqu'à ces 

derniers temps, été pour ainsi dire, tout puissants ; les indigènes ont été évangélisés par des saints tels que le 

Bienheureux Martin de Valence qui réunit un célèbre synode à Mexico dès 1546-.. En cette même ville 

devenue archiépiscopale en 1546, se tint 61 ans plus tard, le fameux concile de Mexico que Rohrbacher dit 

être le plus remarquable de tous les conciles provinciaux qui se soient tenus clans l'Eglise. 

 

Qu'on s'étonne maintenant du semi-paganisme de nos chrétiens du Ve siècle, la veille encore, adorateurs de 

Céleste, Saturne, etc. 

 

On n'a généralement que des cris d'admiration pour les chrétientés qui, du jour au lendemain, chiffrent leurs 

néophytes par centaines et par milliers. Voici par exemple ce que dit Rohrbacher de la conversion des Indiens 

dont nous venons de parler 

 

« Il y en eut un si grand nombre à recevoir le baptême qu'en peu d'années on les comptait par millions. On 

lisait dans les archives de Charles-Quint qu'un certain prêtre en avait baptisé 700 000, un autre 30 0000, un 

troisième 1 00 000, les uns plus, les autres moins ! ! » 

 

St Louis Bertrand passa sept ans au Pérou, 1562-1569 : 

 

« On dit qu'au bout de trois mois, il avait baptisé 10 000 indiens ». MORTIER, O. P., Histoire des maîtres 

généraux, V, p. 597. 

 

C'est beau ! Mais franchement, n'aurait-il pas mieux valu que ces « baptiseurs » en eussent converti dix fois 

moins et eussent instruit leurs néophytes dix fois mieux ? 

 

Que peut produire en effet un pareil système d'apostolat ? Il donne il est vrai au missionnaire la consolation 

d'un précoce ministère auprès de ces peuples déshérités, mais après ? Entrés dans l'Eglise avec un bagage de 

croyances insensées et de pratiques superstitieuses, ils restent des demi-chrétiens, si aucun désastre ne vient 

leur enlever leurs missionnaires, comme les Indiens du Mexique, ou bien ils apostasient aussi vite qu'ils se 

sont convertis si la persécution vient à sévir, ou même seulement si la disparition de leur clergé les prive de 

secours religieux, comme en font foi les missions portugaises d'Angola et de Mozambique si prospères à la fin 

du XVIIIe siècle, et éteintes dès le commencement du XIXe. 

 

Ce fait n'est que la répétition de ce qui s'est passé dans l'Afrique Septentrionale du Ve au VIII, siècle avec 

cette différence que les chrétientés portugaises du XVIIIe siècle se sont éteintes par le seul fait que l'Europe 

n'a pu leur envoyer pendant quarante ou cinquante ans de nouveaux missionnaires, tandis que l'Afrique 

romaine a eu à soutenir les plus terribles persécutions. 

 

Comme l'histoire tout entière donne raison au Cardinal Lavigerie qui a défendu à ses Pères Blancs d'admettre 

en général les indigènes au Baptême avant quatre ans au moins de catéchuménat ! 

 

Quand les Pères du Saint-Esprit revinrent, au milieu du siècle dernier, reprendre ces anciennes chrétientés 

portugaises, ils n'y trouvèrent plus, paraît-il, que deux choses qui pussent rappeler les rites chrétiens  

d'autrefois : 

 

la clochette et le goupillon 

 

Du reste, quant aux indigènes, même ignorance, même manque de convictions religieuses. 

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